
Le harcèlement scolaire est un délit lorsque des agissements répétés dégradent les conditions de vie d’un élève et altèrent sa santé physique ou mentale. La loi du 2 mars 2022 prévoit des sanctions aggravées selon l’âge, l’incapacité et les conséquences, y compris pour des faits
Le harcèlement scolaire est un délit lorsque des agissements répétés dégradent les conditions de vie d’un élève et altèrent sa santé physique ou mentale. La loi du 2 mars 2022 prévoit des sanctions aggravées selon l’âge, l’incapacité et les conséquences, y compris pour des faits commis en ligne.
Depuis le 2 mars 2022, des messages humiliants envoyés le soir peuvent relever du même délit que des brimades répétées dans la cour. Le téléphone, les réseaux sociaux et les groupes de discussion prolongent parfois la violence bien au-delà de la classe. Parents, élèves et équipes éducatives ont besoin de repères fiables pour identifier une situation, conserver les éléments utiles, alerter les adultes compétents et protéger l’élève.
Que dit la loi du 2 mars 2022 contre le harcèlement scolaire ?
Le harcèlement scolaire correspond à des faits répétés qui dégradent les conditions de vie d’un élève et peuvent altérer sa santé physique ou mentale. La loi n° 2022-299 du 2 mars 2022, consultable sur Légifrance, a créé un délit de harcèlement scolaire autonome dans le Code pénal. Elle renforce ainsi la reconnaissance du harcèlement moral subi dans le cadre de l’École. Les agissements peuvent avoir lieu dans l’établissement, à ses abords, lors des transports ou en ligne : des messages, images ou publications relèvent du cyberharcèlement lorsque leurs effets se prolongent dans la vie de l’élève. Un désaccord isolé ou une dispute ponctuelle ne caractérisent pas nécessairement ce délit, car la répétition est un critère central. Cela ne rend pas une violence unique acceptable : menace, humiliation, diffusion d’image ou agression doivent aussi être signalées et prises au sérieux.
Comment agir face à une situation de harcèlement scolaire ?
- Écouter et protéger. Laissez l’élève raconter à son rythme, sans le mettre en cause. Éloignez-le si nécessaire d’un espace ou d’un échange dangereux. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence.
- Documenter les faits. Notez les dates, lieux, témoins et conséquences. Pour le cyberharcèlement, conservez captures d’écran, liens, pseudonymes et messages avant de les signaler.
- Alerter l’établissement. Contactez le chef d’établissement, le professeur principal, le CPE ou l’infirmier scolaire, de préférence par écrit, et demandez comment l’alerte sera suivie.
- Demander de l’aide extérieure. Il peut orienter sur les démarches et les signalements.
Ne répondez pas à chaud aux provocations numériques. Réglez la confidentialité des comptes, bloquez lorsque cela protège l’élève et ne publiez jamais les preuves sur un réseau social, surtout si elles concernent des mineurs.

Comment un cas est-il pris en charge par l'établissement scolaire ?
Après une alerte, l’établissement recueille la parole des élèves concernés, analyse les faits portés à sa connaissance et informe les responsables légaux selon la situation. Il peut organiser des mesures de protection, mobiliser les personnels compétents et suivre l’évolution du climat scolaire. Ces actions doivent être adaptées au contexte : elles ne garantissent pas mécaniquement la fin immédiate des faits, notamment lorsque les attaques se poursuivent sur des canaux numériques. Le programme pHARe du ministère de l’Éducation nationale est un dispositif de prévention et de traitement du harcèlement ; sa présentation officielle, actualisée en décembre 2025, précise son déploiement dans les collèges et lycées. Une famille peut légitimement demander un interlocuteur identifié, une trace des alertes transmises, un point de suivi et une vigilance sur les groupes de messagerie ou réseaux sociaux. L’accompagnement par l’École est essentiel, mais il ne remplace pas une démarche auprès de la justice lorsque la gravité des faits le justifie.
Peut-on porter plainte et quelles sanctions pénales sont prévues ?
Oui. Une victime de harcèlement scolaire, ou son représentant légal lorsqu’elle est mineure, peut déposer plainte contre l’auteur présumé. Les peines dépendent notamment des conséquences retenues par la justice. D’après Service-Public.fr :
L’incapacité totale de travail est une notion appréciée juridiquement ; elle ne se déduit pas d’une estimation personnelle. Selon le dossier, une association d’aide aux victimes ou un professionnel du droit peut expliquer les options applicables, sans attendre que la situation s’aggrave.
Prévenir le harcèlement et le cyberharcèlement au quotidien
La prévention repose sur une attention collective : apprendre à reconnaître une humiliation, développer l’empathie et rendre le signalement normal plutôt que honteux. À la maison comme au collège ou au lycée, il est utile de vérifier les paramètres de confidentialité, de parler des groupes de messagerie et de rappeler qu’une image ne doit pas être transférée sans l’accord de la personne concernée. Les outils numériques peuvent amplifier une attaque, mais ils peuvent aussi aider à conserver un élément, bloquer un compte et demander de l’aide. L’enjeu est aussi d’éduquer aux usages, aux droits et aux conséquences des partages.
Face à des faits répétés, ne laissez pas l’élève gérer seul la situation. Conservez les captures d’écran, dates et témoignages, puis prévenez rapidement l’établissement. Une réaction précoce aide à faire cesser les violences, à protéger la santé de l’élève et à engager les démarches adaptées.
On vous répond
Qu’est-ce que le harcèlement scolaire ?
Il s’agit de comportements répétés qui dégradent les conditions de vie d’un élève et peuvent affecter sa santé physique ou mentale. Les faits peuvent être verbaux, physiques, relationnels ou numériques. Une violence isolée doit également être signalée, même si elle ne répond pas au critère de répétition.
Qui contacter en cas de harcèlement scolaire ?
Prévenez rapidement le chef d’établissement, le professeur principal, le CPE ou l’infirmier scolaire.
Comment prouver le harcèlement scolaire ?
Conservez les messages, captures d’écran, liens, images, pseudonymes et notes datées des faits. Indiquez les lieux, les éventuels témoins et les démarches déjà réalisées. Gardez les contenus avant de les signaler, mais ne les diffusez pas publiquement, particulièrement lorsqu’ils impliquent un mineur.
Quelle loi protège contre le harcèlement scolaire ?
La loi n° 2022-299 du 2 mars 2022 a créé le délit de harcèlement scolaire. Elle complète les outils de prévention et permet des poursuites pénales selon la gravité des conséquences. Le texte peut être consulté sur Légifrance ; l’établissement doit parallèlement être alerté.


